TECHNIQUES



Les techniques anciennes de la nielle remontant à plus ou moins 3 000 ans

        On donne le nom de nielles à un genre de gravure sur métaux très ancien, qui a fourni des pièces fort élégantes.
La niellure semble avoir été inventée en Orient, et depuis bien longtemps, il arrivait, de cette partie du globe vers l'Europe, des objets remarquables vendus à des prix très élevés. Ce n'est pas que l'art de produire les nielles fût inconnu, et on savait qu'elles étaient dues à une incrustation de divers sulfures métalliques dans les traits d'une gravure faite sur argent. Lors de la prise de Constantinople par les peuples musulmans, cet art passa en Italie, où il ne tarda pas à prendre une grande extension entre les mains des artistes habiles que Florence possédait au XV ième siècle. Cependant, les nielles n'étant plus à la mode, l'art fut négligé, et même se perdit complètement jusque vers le siècle dernier, où il repris naissance en Russie, qui eu pendant longtemps le privilège de fournir à l'Europe des nielles d'une exécution remarquable mais d'un prix inabordable.
        Nous avons dit que la niellure consistait en une sorte d'incrustation de divers sulfures métalliques dans les traits d'une gravure exécutée sur argent. Cette gravure sur métal appartient donc au domaine de l'art, et c'est encore à l'habileté d'un artiste que l'industrie doit avoir recours quand il s'agit de graver les plaques qui doivent servir à reproduire mécaniquement sur plaque d'argent les traits d'un dessin.
        La niellure s'exécute généralement sur l'argent, mais rien ne s'oppose à ce qu'on produise des nielles sur d'autres métaux, soit avec des sulfures employés ordinairement, soit avec d'autres combinaisons, afin de développer des effets neufs et variés.

        Voici comment on opère actuellement pour préparer cette nielle : on commence par mettre le soufre en fusion en même temps que l'on fait fondre l'argent et le cuivre dans un creuset, Vers la fin de l'opération. Quand ces métaux ont été amenés à un état complet de fusion, on les introduit dans le soufre fondu contenu dans la cornue, et on bouche exactement celle-ci pour éviter que le soufre ne se dissipe en vapeur, ou, ce qui est plus à craindre, qu'il ne s'enflamme. Dès que le mélange est opéré, on ajoute le borax. Il se dégage d'abord des vapeurs en assez grande abondance, mais, quand celles-ci ont cessé de se montrer dans le col de la cornue, on verse la matière dans un mortier en fer, où on la pulvérise avec soin. Après cette pulvérisation, on lave la nielle avec de l'eau à laquelle on a ajouté un peu de chlorhydrate d'ammoniaque ( sel ammoniac). Enfin, on termine les lavages par une eau dans laquelle on a fait dissoudre un peu de gomme.
       . Après avoir niellé la pièce, on gratte et on polit cette plaque comme s'il s'agissait d'une plaque d'argent. Tout l'effet du niellage repose sur l'opposition des traits noirs que produisent les sulfures métalliques qui remplissent le dessin, avec le fond plus ou moins blanc de l'argent. On conçoit très bien tout le parti qu'un habile graveur peut tirer de cette simple opposition pour produire des pièces dignes d'être appréciées par les connaisseurs
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